Le Compte Épargne Logement (CEL) reste une option d’épargne réglementée pour financer des projets immobiliers en 2026.
Voici ce qu’il faut retenir :
- Un produit d’épargne réglementé par l’État destiné au financement de projets immobiliers
- Une épargne flexible avec une disponibilité permanente des fonds
- Un taux de rémunération de 1,25% depuis le 1er août 2026, soit 0,875% net après application du PFU de 30%
- Un plafond de versement limité à 15 300 €
- La possibilité d’obtenir un prêt immobilier plafonné à 23 000 € après 18 mois d’épargne
- Une fiscalité moins avantageuse pour les CEL ouverts depuis le 1er janvier 2018
Qu’est-ce que le Compte Épargne Logement ?
Le Compte Épargne Logement est un produit d’épargne réglementé par l’État français, au même titre que le Livret A ou le LDDS. Il sert à constituer une épargne pour financer l’achat, la construction ou la rénovation d’un logement, et ouvre droit à un prêt immobilier à taux avantageux.
Le CEL est un compte d’épargne bancaire réglementé permettant de se constituer une épargne flexible tout en préparant un projet immobilier, avec la possibilité d’obtenir un prêt après une période minimale d’épargne de 18 mois.
Son taux ne se négocie pas. L’État le fixe deux fois par an, le 1er février et le 1er août, à partir du taux du Livret A (environ les deux tiers). Il a oscillé entre 1% et 1,5% depuis février 2025 et s’établit à 1,25% du 1er août 2026 au 31 janvier 2027.
Les avantages du Compte Épargne Logement
Le CEL combine des versements libres, un capital garanti et un accès au prêt épargne logement, avec un régime fiscal plus doux pour les comptes ouverts avant 2018.
Une épargne flexible et non contraignante
La flexibilité est le premier atout du CEL. Contrairement au Plan d’Épargne Logement (PEL), il n’impose pas de versements réguliers. Vous placez de l’argent quand vous le souhaitez, avec un premier versement minimum de 300 € et des versements ultérieurs d’au moins 75 €. Depuis juillet 2023, le virement peut venir d’un compte ouvert dans une autre banque.
Les retraits sont libres, à condition de laisser au moins 300 € sur le compte. En dessous, vous risquez la fermeture du CEL et la perte de vos droits à prêt. Vous épargnez selon vos moyens du moment, sans pénalité si vous ne pouvez pas alimenter le compte.
Une épargne sécurisée
Le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) protège votre capital jusqu’à 100 000 € par personne et par établissement. Ce plafond s’apprécie tous comptes confondus dans la même banque : compte courant, PEL et CEL s’additionnent.
La garantie s’applique automatiquement, sans démarche de votre part. Vous récupérez votre épargne même si votre banque est défaillante.
L’accès à un prêt immobilier à taux préférentiel
Après 18 mois d’épargne minimum, vous pouvez obtenir un prêt auprès de votre banque à un taux préférentiel. Son taux est celui du CEL au moment où les intérêts sont acquis, plus 1,5 point de frais de gestion réglementaires. Les intérêts acquis depuis le 1er août 2026 ouvrent des droits à 2,75% (1,25% + 1,5 point).
Comme le taux du CEL a varié depuis début 2025, un même compte peut cumuler des droits à des taux de prêt compris entre 2,5% et 3%. Le prêt exige aussi un minimum d’intérêts acquis : 75 € pour un achat ou une construction, 37 € ou 22,5 € pour des travaux. À 1,25%, 75 € d’intérêts correspondent à environ 6 000 € laissés un an sur le compte.
Le montant maximum d’un prêt CEL peut atteindre 23 000 € (à ne pas confondre avec le plafond de versement de 15 300 €, qui est distinct). Pour un CEL ouvert depuis mars 2011, il finance la résidence principale (achat, construction, extension) et certains travaux d’économie d’énergie. Une résidence secondaire est exclue.
Ce prêt peut être complété par d’autres emprunts comme un PTZ (Prêt à Taux Zéro) ou un crédit immobilier classique. Sa durée va de 2 à 15 ans : avec 23 000 € au maximum, il complète un financement principal.
Prêt CEL et crédit classique : le coût comparé
À 2,75%, un prêt CEL de 23 000 € sur 15 ans coûte environ 5 100 € d’intérêts. Au taux moyen du marché sur 15 ans (3,14% en août 2026), le même prêt coûte environ 5 900 €. L’écart atteint près de 800 €, hors assurance.
Cumuler ses droits avec un PEL ou un proche
Les droits à prêt d’un CEL s’ajoutent à ceux d’un PEL détenu dans la même banque. Le prêt global est plafonné à 92 000 €, dont 23 000 € au maximum pour la part CEL.
Les deux comptes doivent être ouverts dans la même banque, et le CEL ne peut plus la quitter tant que le PEL y reste. Vous pouvez aussi céder vos droits à un membre de votre famille, ou recevoir les siens, s’il détient un CEL ouvert depuis au moins 18 mois.
Avantages fiscaux pour les CEL anciens
Pour les CEL ouverts avant le 1er janvier 2018, les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2%.
Ces comptes peuvent aussi donner droit à une prime d’État égale à 50% des intérêts acquis, plafonnée à 1 144 €. Elle dépend du prêt : elle n’est pas versée à la simple clôture du compte, et renoncer au prêt fait perdre le droit à la prime.
Les inconvénients du Compte Épargne Logement
Le CEL est limité par un plafond bas, un rendement faible, une fiscalité moins favorable pour les comptes récents et un seul compte par personne.
Un plafond de versement limité
Le CEL a un plafond de versement de 15 300 €, qui peut être insuffisant pour constituer un apport significatif dans un projet immobilier. Seuls les intérêts capitalisés peuvent le faire dépasser. Au-delà, il faut répartir son épargne sur d’autres supports, ce qui complique un peu la gestion.
Un rendement modeste
Avec un taux d’intérêt de 1,25% depuis le 1er août 2026, le CEL rémunère moins que le Livret A et le LDDS (1,7%) ou le LEP (2,5%). Après le PFU de 30% (CEL ouverts depuis 2018), le rendement net tombe à 0,875%, sous une inflation qui tourne autour de 2% en 2026.
Sur 10 000 € placés un an, le CEL rapporte 87,50 € nets, contre 170 € sur un Livret A. Il se justifie donc surtout par le prêt épargne logement, pas par sa rémunération.
Une fiscalité moins avantageuse pour les nouveaux CEL
Les intérêts des CEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30%, comprenant 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux. Cette fiscalité réduit considérablement le rendement net du placement.
Vous pouvez opter pour l’imposition selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Ce choix n’est avantageux que pour les personnes faiblement imposées (tranche à 0% ou 11%). L’option est globale : elle s’applique à tous vos revenus du capital de l’année, pas au seul CEL.
Unicité du compte
Vous ne pouvez détenir qu’un seul CEL par personne, ce qui limite les possibilités de cumul des avantages et d’optimisation fiscale. Il n’existe pas de CEL joint : chaque conjoint ouvre le sien, et un enfant mineur peut avoir le sien.
Attention : détenir deux CEL expose à la perte de la totalité des intérêts acquis et du droit au prêt.
Tableau comparatif des avantages et inconvénients du CEL
| Avantages du CEL | Inconvénients du CEL |
|---|---|
| Flexibilité des versements sans obligation de régularité | Plafond de versement limité à 15 300 € |
| Sécurisation des fonds par le FGDR jusqu’à 100 000 € | Rendement net modeste (0,875% après PFU) |
| Accès à un prêt immobilier jusqu’à 23 000 € après 18 mois | Montant minimum d’intérêts requis pour déclencher le prêt |
| Exonération d’impôt sur le revenu pour les CEL ouverts avant 2018 | Fiscalité peu avantageuse (PFU de 30%) pour les CEL ouverts depuis 2018 |
| Disponibilité permanente des fonds | Impossibilité de détenir plus d’un CEL par personne |
| Prime d’État pour les anciens CEL (avant 2018), jusqu’à 1 144 € | Suppression de la prime d’État pour les nouveaux CEL |
Fiscalité du CEL : ce qu’il faut savoir
La fiscalité applicable aux intérêts du CEL varie selon la date d’ouverture du compte :
Pour les CEL ouverts avant le 1er janvier 2018
Les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux à un taux global de 17,2%. La prime d’État éventuellement perçue bénéficie de la même exonération partielle.
Exemple : Pour des intérêts annuels de 500 €, les prélèvements sociaux s’élèvent à 86 € (500 € × 17,2%), laissant un montant net de 414 €.
Pour les CEL ouverts depuis le 1er janvier 2018
Les intérêts sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30%, comprenant 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux. Le PFU général est passé à 31,4% en 2026, mais les intérêts du CEL restent imposés à 30%.
Sur un CEL au plafond de 15 300 € rémunéré à 1,25%, les intérêts bruts annuels sont d’environ 191 €, réduits à 134 € nets après PFU. Un CEL ancien de même montant garderait environ 158 € nets.
Il est toutefois possible d’opter pour l’imposition selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, potentiellement plus avantageux pour les contribuables faiblement imposés.
Exemple : Pour des intérêts annuels de 600 €, le prélèvement avec le PFU s’élève à 180 € (600 € × 30%), laissant un montant net de 420 €. Avec une imposition au barème progressif à 11%, le total des prélèvements serait de 169,20 € (66 € d’IR + 103,20 € de prélèvements sociaux), soit un montant net de 430,80 €.
Comment ouvrir un Compte Épargne Logement ?
Vous pouvez ouvrir un CEL dans la plupart des banques agréées, en quatre étapes :
- Choisissez votre banque parmi les établissements traditionnels (La Banque Postale, BNP Paribas, Crédit Agricole…) ou en ligne (Hello bank!, BoursoBank…), et comparez leurs offres. La plupart exigent d’y détenir un compte courant.
- Rassemblez une pièce d’identité en cours de validité, un justificatif de domicile récent et un RIB.
- Faites votre demande en ligne ou en agence, selon la banque choisie.
- Versez au moins 300 € pour activer le compte.
Les intérêts du CEL sont calculés par quinzaine, puis capitalisés au 31 décembre. Versez vos fonds avant le 1er ou le 16 du mois, et retirez-les après ces dates, pour ne pas perdre une quinzaine d’intérêts.
Alternatives au CEL : quelles options pour votre épargne ?
Face aux limites du CEL, plusieurs alternatives existent selon vos objectifs d’épargne :
- Livret A : avec un taux actuel de 1,7% et une exonération fiscale totale, il offre un meilleur rendement que le CEL pour une épargne de précaution ou des projets à court terme
- LDDS : similaire au Livret A avec un taux de 1,7%, il complète votre épargne réglementée jusqu’à 12 000 €
- LEP : réservé aux personnes aux revenus modestes, il rémunère à 2,5%, sans impôt, jusqu’à 10 000 € de dépôts
- PEL : ouvert en 2026, son taux est fixé à 2% (1,40% net après PFU) pour toute la durée du plan, contre 1,75% pour un plan ouvert en 2025. Avec un plafond de versement de 61 200 € et un prêt pouvant atteindre 92 000 € (plafond global, CEL inclus), il convient mieux à un projet immobilier à moyen terme. Son taux de prêt, fixé dès l’ouverture à 3,20%, reste proche de celui du marché (3,14% sur 15 ans en août 2026). Sa contrainte principale tient aux versements réguliers et à l’indisponibilité des fonds pendant les 4 premières années
- Assurance-vie : pour les projets à long terme, elle offre une fiscalité avantageuse après 8 ans et des rendements potentiellement supérieurs, particulièrement en unités de compte
Finalement le CEL est-il intéressant en 2026 ?
Le CEL est souple, ses dépôts sont garantis jusqu’à 100 000 € par le FGDR, et il ouvre droit à un prêt immobilier après seulement 18 mois d’épargne.
Un rendement net en retrait
Son rendement net de 0,875% après PFU, pour les CEL ouverts depuis 2018, reste le plus bas de l’épargne réglementée. Le Livret A à 1,7%, entièrement défiscalisé, rapporte presque le double en net.
Deux cas où le CEL garde un intérêt
En 2026, le CEL garde un intérêt concret dans deux cas précis. Le premier : vous détenez un CEL ouvert avant 2018, avec une fiscalité plus favorable et une prime d’État possible si vous prenez le prêt. Le second : vous associez votre CEL à un PEL pour cumuler les droits à prêt, dans la limite de 92 000 € au total.
Hors de ces deux cas, le Livret A ou le LEP offrent un meilleur rapport rendement net / disponibilité pour un projet à horizon court ou moyen. Le prêt CEL à 2,75% reste un argument si un achat ou des travaux sont prévus après 18 mois d’épargne. Il coûte moins cher que le taux moyen du marché sur 15 ans (3,14% en août 2026).
Consultez un conseiller financier pour vérifier si le CEL correspond à votre profil d’épargnant et à vos objectifs patrimoniaux.
