Le Plan d’Épargne en Actions (PEA) est un dispositif de placement défiscalisé qui a été mis en place en 1992. Il vous permet de gérer votre portefeuille de valeurs mobilières, sans avoir à payer d’impôt sur les plus-values ou sans imposition des dividendes.
En utilisant cette option de placement financier, vous pouvez profiter des nombreuses possibilités d’investissement en bourse. Qu’est-ce que le PEA ? Comment souscrire et comment acheter des actions ? Comment clôturer ce plan ? Voici tout ce que vous devez savoir sur le PEA.
Fonctionnement du PEA
Le principe du Plan d’Épargne en Actions est de vous permettre d’acheter, de gérer et de vendre des actions en franchise d’impôt. En effet, ce support d’investissement vous permet de bénéficier d’avantages fiscaux favorables. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un placement mais d’une structure administrative et fiscale qui comprend deux comptes : un compte espèces et un compte titres. Le compte espèces sert à payer les dividendes, à prélever les frais de gestion et à déposer les fonds entre les opérations d’achat et de vente, et le compte titres sert à gérer le portefeuille d’actions.
Les actions qui sont conservées dans le PEA sont des actions de sociétés cotées au sein de l’Union européenne et des placements collectifs avec un investissement minimum de 75 % dans les actions de ces sociétés. Il n’y a pas d’obligation d’investissement minimum, ni de versement régulier et le PEA peut être transféré entre banques. Si vous souhaitez bénéficier pleinement des avantages fiscaux du PEA, vous ne devrez pas retirer de fonds pendant cinq ans.
Le plafond de dépôt du PEA classique est fixé à 150 000 euros. Ce plafond porte uniquement sur les versements : il ne limite pas la valeur finale du portefeuille, qui peut dépasser 150 000 € grâce aux plus-values accumulées. Il est possible de cumuler un PEA classique et un PEA-PME, à condition que le total des versements sur les deux plans ne dépasse pas 225 000 €.
Après cinq ans, les plus-values et les dividendes sont exonérés d’impôt sur le revenu. Depuis le 1er janvier 2026, ils restent soumis aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 % (en hausse de 1,4 point par rapport aux 17,2 % appliqués jusqu’en 2025, suite à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026). Tant que les gains ne sont pas retirés, aucun impôt n’est dû : dividendes et plus-values capitalisent en franchise totale d’imposition à l’intérieur de l’enveloppe.
A lire également : PEA et le PEA-PME : quelles différences ?
Comment puis-je ouvrir un PEA ?
Vous pouvez adhérer à un PEA par l’intermédiaire d’une banque. Il peut s’agir d’une banque traditionnelle ou d’une banque de réseau, voire d’une banque en ligne. Si vous le préférez, vous pouvez adhérer à ce programme d’épargne par l’intermédiaire d’un courtier en ligne. Cependant, ce qu’il faut retenir, c’est que les courtiers et les banques ne sont pas les seuls à proposer l’option d’un plan d’épargne en actions.
Vous pouvez vous adresser à un assureur qui peut vous proposer un plan d’épargne lié à un contrat d’assurance. Il s’agit du produit d’épargne assurance PEA, qui est similaire au contrat de capitalisation mais composé d’unités de compte. Il est important de noter que seuls les dépôts en espèces sont autorisés au sein du PEA.
Il est important de savoir que le processus d’ouverture du PEA implique divers frais, notamment les frais de tenue de compte et les frais liés à l’exécution des ordres de bourse, les frais de délégation et les frais de support, entre autres.
Depuis 2019, la loi PACTE a introduit le PEA Jeunes, accessible aux 18-25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs parents. Ce plan fonctionne comme un PEA classique mais est plafonné à 20 000 € de versements. Lorsque le jeune quitte le foyer fiscal, son PEA Jeunes est automatiquement transformé en PEA classique et le plafond monte à 150 000 €, l’ancienneté fiscale étant conservée.
Un point crucial : il n’est possible de détenir qu’un seul PEA par personne. Un couple marié ou pacsé peut donc détenir deux PEA au total. Ouvrir un second PEA constitue une infraction fiscale pouvant entraîner la clôture des deux plans et l’imposition immédiate de tous les gains.
Comment acheter des actions avec le PEA ?
- Commencez par choisir votre courtier
- Transférez de l’argent sur votre compte en espèces (le dépôt peut être faible)
- Utilisez cet argent pour acheter des actions ou d’autres titres éligibles au PEA (par exemple des fonds d’investissement)
- Après l’ouverture du compte et la réalisation du premier investissement, il sera possible de le visualiser sur votre compte en espèces via l’interface du courtier
- Ensuite, vous pouvez construire un portefeuille
- Pour construire un portefeuille, vous devez d’abord sélectionner les titres dans lesquels vous souhaitez investir
- Après avoir sélectionné le titre, vous êtes en mesure de passer les ordres de bourse appropriés
L’achat direct d’actions est possible, tout comme les fonds d’investissement tels que les SICAV, qui sont des fonds gérés par un expert permettant aux investisseurs d’acheter des actions au sein du fonds et de construire un portefeuille d’investissement diversifié sans avoir à choisir les actions à acheter ou à vendre. En outre, vous pouvez investir dans des ETF et des trackers. Il s’agit de fonds indiciels cotés en bourse, connus pour reproduire les variations d’un indice boursier par secteur et par pays.
Les ETF dits « synthétiques » méritent une attention particulière dans le cadre du PEA. Ces fonds reproduisent des indices normalement non éligibles au PEA (comme le MSCI World ou le S&P 500) via un mécanisme de swap. Ils sont néanmoins éligibles à condition que leur composition légale respecte le seuil de 75 % d’actions européennes. Ils permettent donc d’exposer son PEA à des marchés mondiaux tout en restant dans le cadre fiscal de l’enveloppe.
Choisir la meilleure stratégie d’investissement pour votre PEA
Le PEA peut être géré de différentes manières. Vous pouvez choisir entre la gestion libre, la gestion sous mandat et la gestion conseillée.
La gestion libre :
C’est la technique de gestion la plus utilisée, car elle permet à l’investisseur de déterminer son allocation d’actifs et de prendre les arbitrages qu’il juge nécessaires en fonction de l’évolution du marché. Si vous optez pour ce type de gestion, vous serez libre de choisir les titres que vous souhaitez détenir et de décider du moment de leur achat ou de leur vente.
La gestion sous mandat :
Moins courante que la gestion libre, cette forme de gestion commence toutefois à attirer les investisseurs. Elle repose sur la délégation de l’administration du PEA à un gestionnaire spécialisé. Au début, la gestion sous mandat séduisait surtout les plus fortunés qui investissent des sommes conséquentes. Aujourd’hui, certaines fintechs proposent ce type de gestion du PEA à partir de quelques centaines d’euros.
La gestion conseillée :
Sélectionner cette stratégie de gestion revient à choisir une allocation d’actifs que vous êtes en mesure d’utiliser ou non. Il est toutefois important de noter que la gestion conseillée est généralement assurée par des conseillers financiers auprès de clients initiés.
Sortie du Plan d’Épargne en Actions
Avant cinq ans de détention, tout retrait entraîne la fermeture automatique du PEA. Les gains sont alors soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026), ou sur option au barème progressif de l’IR.
La loi PACTE de 2019 a toutefois créé plusieurs cas de déblocage anticipé sans clôture du plan, même avant 5 ans. Ces situations sont : le licenciement, l’invalidité, la mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint, ainsi que la reprise ou la création d’entreprise. Dans ces cas, le PEA reste ouvert et de nouveaux versements restent possibles. Attention : les gains retirés dans ces circonstances exceptionnelles restent imposables au PFU de 31,4 %.
Après cinq ans, la loi PACTE a profondément assoupli les règles. Un retrait partiel n’entraîne plus la clôture du PEA : vous pouvez sortir une partie de votre épargne tout en conservant le plan actif, son antériorité fiscale et la possibilité d’effectuer de nouveaux versements dans la limite du plafond. Les gains retirés sont exonérés d’impôt sur le revenu et soumis uniquement aux prélèvements sociaux de 18,6 %. La date qui fait foi pour calculer les cinq ans est celle du premier versement, et non celle d’un versement ultérieur.
Pour clôturer définitivement le plan, il suffit d’envoyer une demande de clôture à la banque, par courrier recommandé avec accusé de réception ou via l’espace client en ligne. Veillez à vous renseigner sur les frais de retrait, qui peuvent varier selon les établissements.
Fiscalité du PEA en cas de décès
Le décès du titulaire déclenche la clôture automatique du PEA par l’établissement financier. Les plus-values accumulées sont exonérées d’impôt sur le revenu, quelle que soit la durée de détention, y compris si le plan avait moins de cinq ans.
En revanche, les prélèvements sociaux restent dus : ils sont calculés sur l’ensemble des gains nets depuis l’ouverture du plan, au taux en vigueur au jour du décès (18,6 % en 2026), et prélevés automatiquement par la banque lors de la clôture. Ces prélèvements sociaux sont inscrits au passif de la succession, ce qui réduit la base imposable pour le calcul des droits de succession.
Les titres sont ensuite transférés sur un compte-titres ordinaire au nom de la succession. Les héritiers peuvent choisir de les vendre ou de les conserver. Point important : les héritiers ne peuvent pas transférer les titres sur leur propre PEA. Si des titres sont revendus ultérieurement, les plus-values sont calculées à partir de la valeur des titres au jour du décès, et non du prix d’achat initial par le défunt.
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