Que faut-il savoir sur l’ISR (Investissement Socialement Responsable) ?


Dans la gestion financière, on entend souvent parler de l’Investissement Socialement Responsable. Plus connu sous l’ISR, ces fonds se définissent comme l’ensemble des démarches qui consistent à prendre en compte des critères extra-financiers dans des décisions de placements et de gestion de portefeuilles. Entre les critères environnementaux, sociaux et éthiques, ces fonds ont également trait à la gouvernance. Dans le domaine de l’investissement financier, il s’agit là d’un développement durable. Aujourd’hui, focus sur l’ISR, sur ses différentes formes, sur ses acteurs et sur son impact sur la France !

Définition de l’Investissement Socialement Responsable

On dit souvent que l’univers de l’investissement est sans principes. Or, ce n’est pas totalement vrai, car cela fait déjà plusieurs années que l’Investissement Socialement Responsable (ISR) fait parler de lui dans le monde de la finance. Ces fonds ont pour but de faire de sorte que l’investissement soit une manière de soutenir les entreprises les plus vertueuses au quotidien. Ceci, tout en délaissant les entreprises insuffisamment sensibles à ces sujets. Les fonds ISR ont été mis en place dans le but de placer les enjeux environnementaux et sociaux au premier plan des choix d’investissement des particuliers.

Mieux comprendre les différentes formes de l’ISR

Bien que l’ISR ne fait pas l’objet d’une définition légale, quelques appellations utilisées par les investisseurs permettent de désigner ses différentes formes. Plusieurs méthodes sont souvent appliquées par les fonds ISR pour sélectionner les valeurs qui pourraient entrer en portefeuille.

Voici les variantes de la gestion de l’Investissement Socialement Responsable :

Les fonds d’exclusion :

Ces fonds sont communément utilisés par les gérants de fonds ISR qui refusent d’investir dans des entreprises aux activités vues comme néfastes sur le plan écologique, social et moral dans le monde anglo-saxon. Ils excluent les jeux de hasard, les industries d’armement et le tabac pour des raisons religieuses ou morales. Certains détenteurs de fonds excluent également les OGM et le nucléaire.

Les fonds sélection ESG :

Ces fonds permettent aux investisseurs de faire leurs choix sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance de l’entreprise. C’est ce qu’on appelle les critères ESG. Il peut s’agir du best-in-class, soit de la sélection des meilleurs émetteurs au sein de leur activité, du best-in-universe, soit la sélection des meilleurs émetteurs indépendamment de leur secteur d’activité ou du best effort, soit la sélection des émetteurs qui démontrent une amélioration de leurs pratiques ESG dans le temps. Chaque forme a ses propres avantages et inconvénients.

L’engagement actionnarial :

Cette méthode est différente des deux précédentes. Elle permet d’influencer le comportement des entreprises via l’exercice des droits de vote. En participant aux assemblées générales, l’entreprise peut prendre des résolutions sur des sujets environnementaux et sociaux, et ainsi changer leurs pratiques.

Aligner les intérêts financiers avec ceux du développement durable

Nombreux sont ceux qui pensent que le retour sur investissement qui résulte de l’ISR est faible comparé à celui d’un portefeuille moins restrictif. Or, ce n’est pas vraiment le cas. L’Investissement Socialement Responsable ne vient pas sacrifier le rendement au profit de vertus écologiques et sociales. Il vient tout simplement aligner les intérêts financiers avec ceux du développement durable. D’ailleurs, certaines études démontrent que les fonds ISR peuvent être vraiment rentables pour les entreprises sélectionnées.

Qui sont les grands acteurs de l’ISR ?

Il faut savoir que la France est très dynamique en matière d’ISR. En Europe, l’ISR est mis en avant par l’Eurosif (European Sustainable Investment Forum) et dans le monde, il est promu par le PRI (Principles for Responsible Investment).

L’Investissement Socialement Responsable regroupe plusieurs grands acteurs dont :

Les sociétés de gestions :

Celles-ci gèrent les OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières) et sont obligatoirement habilitées par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers). Ces sociétés de gestion peuvent être entièrement ou partiellement gérées par l’Investissement Socialement Responsable.

Les investisseurs institutionnels :

Connus comme la plus grande catégorie d’investisseurs, ceux-ci se chargent de collecter l’épargne des particuliers dans le but de les placer sur les marchés financiers. Il s’agit là de sociétés d’investissement, de fonds de pension, de banques et de sociétés d’assurance, qui représentent plus de 80% du marché français.

Les coalitions d’actionnaires :

Celles-ci accordent une grande importance aux démarches collectives. Ces dernières leur permettent de tenir compte des enjeux sociaux et environnementaux de leurs placements. Dans la plupart des cas, ce sont les associations qui passent le message au public et qui interrogent les entreprises sur leurs politiques de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

Tous les deux ans, la Global Sustainable Investment Alliance (GSIA) publie un rapport détaillant les chiffres de l’Investissement Socialement Responsable dans le monde. En France, c’est Novethic qui assure la promotion de l’ISR. Il s’agit d’une filiale de la Caisse des dépôts. En 2009, elle a lancé les premiers labels ISR, une idée reprise aujourd’hui par le Ministère des Finances qui a lancé ses premiers labels publics après sept années, plus précisément en 2016.

Enfin, il est bon à savoir l’ISR se développe en Europe, en Asie, en Amérique du Nord, en Amérique Latine et en Nouvelle-Zélande. Ces dernières années, les initiatives internationales ont connu une vraie ascension et mobilisent désormais différentes coalitions, déclarations, initiatives, réseaux et organisations.

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