La prestation d’accueil du jeune enfant, ou Paje, est une aide versée par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) et qui regroupe d’autres aides. La Paje a pour objectif de compenser les dépenses résultant de la naissance d’un bébé, de l’entretien quotidien de l’enfant et de sa garde à domicile ou par une assistante maternelle.

La Paje a aussi pour but de réduire la perte de revenus du foyer issue de l’arrêt de la profession ou du passage au travail à temps partiel de l’un des parents pour s’occuper des enfants. La Paje peut être cumulée avec les allocations familiales.

La Paje regroupe les aides suivantes :

  • La prime de naissance et la prime à l’adoption
  • L’allocation de base
  • Le complément de libre choix de mode de garde (CMG)
  • Le complément de libre choix d’activité (CLCA) et la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE)

La prime de naissance, la prime à l’adoption ainsi que l’allocation de base sont trois aides versées sous conditions de ressources. Les autres aides sont attribuées sans condition de ressources mais leur montant sera ajusté en fonction du niveau de revenu du foyer.

Pour bénéficier des prestations familiales composant la Paje, il faut résider en France de façon stable et régulière. Depuis le 1er janvier 2025, la durée minimale de résidence a été portée à 9 mois par an (contre 6 mois auparavant), une condition désormais applicable à l’ensemble des prestations familiales.

Les réformes apportées à la Paje depuis 2018

Le gouvernement a lancé plusieurs changements concernant les différents éléments de la Paje, en alignement avec son programme de réformes.

Le premier changement a été de revaloriser le complément de libre choix du mode de garde (CMG) pour les familles monoparentales. Ainsi, les allocations pour les gardes d’enfants ont augmenté de 30 % pour ces familles depuis le 1er octobre 2018.

Un deuxième changement apporté a été d’aligner la Paje avec le complément familial, une allocation donnée sous conditions de ressources aux familles nombreuses ayant au moins trois enfants à charge.

Un troisième changement a été de revaloriser la prime de naissance, dont le montant n’avait pas évolué depuis 2013. Revalorisée depuis, elle s’élève à 1 084,43 € en 2025 et à 1 093,11 € en 2026 pour une naissance simple (le double pour une adoption). Elle est revalorisée chaque année.

Plus récemment, le CMG a fait l’objet d’une réforme structurelle entrée en vigueur en septembre 2025, qui a profondément modifié son mode de calcul. L’ancien système de plafonds fixes par niveau de revenus a été remplacé par un calcul personnalisé fondé sur quatre paramètres : les revenus du foyer, un taux d’effort variable selon le nombre d’enfants à charge, le coût horaire réel de la garde et le nombre d’heures effectuées. Cette réforme avait pour objectif de rendre l’aide plus progressive et de mieux soutenir les familles modestes ou ayant des besoins de garde importants.

La prime de naissance

La prime de naissance sert à aider les jeunes parents pour les dépenses liées à la venue d’un bébé. Elle est versée par la CAF ou la MSA, quel que soit le statut du demandeur (auto-entrepreneur, salarié du privé, fonctionnaire, intérimaire, chômeur…) et sous conditions de ressources. Les plafonds pour bénéficier de la prime de naissance diffèrent selon la situation familiale.

Son montant s’élève à 1 093,11 € (naissance simple) ou 2 186,21 € (adoption) pour 2026, revalorisé chaque 1er avril. En cas de naissances multiples (jumeaux, triplés), il est versé autant de primes que d’enfants attendus. La prime n’est pas imposable et ne doit pas figurer sur la déclaration de revenus.

Les démarches pour l’attribution de la prime

Pour recevoir la prime de naissance, il faut non seulement être enceinte mais avoir aussi fait le premier examen médical prénatal avant la fin du troisième mois de grossesse. La procédure administrative varie selon la situation du bénéficiaire. Après l’examen, le médecin généraliste, le gynécologue ou la sage-femme peut envoyer le formulaire requis à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) et à la CAF.

Sinon, la future maman soumettra un formulaire papier à la CAF et le professionnel de santé remplit une déclaration de grossesse sur ce formulaire. Si c’est le premier enfant attendu ou si aucune prestation de la CAF n’est encore perçue, il faudra aussi soumettre les formulaires Cerfa n°11423*06 (pour la déclaration de situation) et n°10397*19 (pour la déclaration de ressources). Il est possible de faire la demande de prime de naissance en ligne sur le site internet de la CAF.

Le versement de la prime

La prime de naissance est versée au 7e mois de grossesse (et non après la naissance) dès lors que les conditions sont remplies. En cas de naissance prématurée avant ce versement, elle est réglée dans le mois suivant la naissance. La prime à l’adoption est versée à partir du mois d’arrivée de l’enfant au sein de la famille.

Certains organismes de protection sociale, certaines mutuelles et certains employeurs versent également une prime de naissance. Celle-ci est cumulable avec la prime versée par la Sécurité sociale.

L’allocation de base

L’allocation de base de la Paje a pour objectif de financer les dépenses encourues pour l’éducation d’un ou de plusieurs jeunes enfants. Elle est versée à près de 90 % des familles qui ont un bébé.

Les conditions d’attribution

Les conditions générales pour l’attribution d’aides doivent être respectées, à savoir : être Français, ressortissant européen, suisse ou étranger en situation régulière. Il faut avoir un enfant de moins de trois ans ou avoir adopté un enfant de moins de vingt ans. Au niveau des ressources, il faut respecter un seuil dont les montants sont mis à jour chaque année.

Les plafonds diffèrent selon que le foyer est un couple ayant un seul revenu d’activité ou un parent isolé ou un couple avec deux revenus d’activité. Un couple est considéré comme ayant deux revenus lorsque chacun des conjoints a perçu au moins 6 306 € au titre d’une activité professionnelle en 2024. Si le plafond de ressources est dépassé, l’allocation perçue est diminuée de moitié (taux partiel). L’allocation de base est donnée pour un seul enfant par famille, exception faite pour les naissances multiples et l’adoption de plusieurs enfants à la fois.

Le versement de l’allocation de base

Elle est versée chaque mois à commencer par le mois suivant la naissance de l’enfant et jusqu’au mois précédant les trois ans de l’enfant. Son montant pour 2026 est de 198,16 € par mois à taux plein et 99,08 € à taux partiel, revalorisé chaque 1er avril. L’allocation n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu.

Dans les cas d’adoption, l’allocation est versée durant 36 mois consécutifs dès la date d’arrivée de l’enfant dans le foyer ou de la date du jugement d’adoption. Les dates de versement de l’allocation sont disponibles sur le calendrier de versements sur le site internet de la CAF.

Le complément de libre choix de mode de garde (CMG)

Cette aide est accordée pour compenser une partie des dépenses encourues pour la garde d’enfants âgés de moins de six ans. Un minimum de 15 % du montant de la garde reste à la charge de la famille. L’aide n’est plus versée après les six ans de l’enfant.

Les modes de gardes qui donnent droit à l’allocation sont :

  • L’assistante maternelle agréée qui exerce à domicile
  • L’assistante maternelle agréée par le Conseil départemental travaillant dans une maison d’assistantes maternelles
  • La garde d’enfants à domicile à travers une association ou une entreprise agréée
  • La garde dans une micro-crèche

Les conditions d’attribution

La première condition est que les enfants doivent être âgés de moins de six ans. L’aide est disponible pour les personnes seules ou en couples qui sont en situation d’emploi, mais aussi aux bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), aux étudiants et aux chômeurs qui perçoivent l’allocation de solidarité spécifique (ASS).

Les travailleurs non salariés (TNS) peuvent aussi bénéficier de l’aide s’ils sont à jour dans leurs cotisations sociales d’assurance vieillesse. À noter que si l’assistante maternelle n’est plus agréée, les parents ne pourront plus bénéficier du CMG.

Le complément de libre choix de mode de garde est accordé sur demande. Si la demande est faite par un particulier employeur, le formulaire Cerfa 12323*03 doit être rempli. Si la garde est faite par une micro-crèche, une association ou une entreprise habilitée, c’est le formulaire Cerfa 12399*03 qui doit être soumis.

Depuis septembre 2025, une nouvelle règle s’applique en cas de résidence alternée : chaque parent peut désormais bénéficier séparément du CMG, à condition qu’il emploie directement la personne qui garde l’enfant et que les conditions habituelles soient remplies. Le montant versé à chaque parent est calculé individuellement selon ses propres revenus.

Le nouveau calcul du CMG depuis septembre 2025

Le mode de calcul du CMG a été entièrement réformé à partir de septembre 2025, sur le modèle du calcul appliqué en crèche. Depuis cette date, le montant de l’aide n’est plus défini par des tranches fixes selon les revenus. Il est calculé à partir de quatre éléments : les revenus mensuels du foyer (entre un plancher et un plafond de 8 500 €/mois), un taux d’effort variable selon le nombre d’enfants à charge et le mode de garde, le coût horaire de référence national (4,85 € pour une assistante maternelle, 10,38 € pour une garde à domicile) et le nombre d’heures de garde effectuées dans le mois.

Ce nouveau calcul est automatiquement appliqué par Pajemploi sans démarche supplémentaire pour les bénéficiaires déjà enregistrés. Pour les rémunérations dépassant le plafond horaire (8,09 € brut/heure pour une assistante maternelle, 15,18 € pour une garde à domicile), le CMG est calculé sur la base de ce plafond : la partie excédentaire reste entièrement à la charge de la famille.

La prise en charge des cotisations sociales

La CAF peut prendre en charge entièrement ou en partie les cotisations sociales dues par les particuliers employeurs. Pour une assistante maternelle agréée, la prise en charge est de 100 % pour chaque enfant gardé. Pour la garde à domicile, la prise en charge est de 50 % dans la limite de 524 € par mois pour un enfant de moins de trois ans et de 263 € par mois pour un enfant âgé entre 3 et 6 ans.

La simplification des démarches avec Pajemploi+

Il est possible, depuis le 1er mai 2019, de déléguer les démarches de rémunération à l’Urssaf, pour les particuliers qui souhaitent employer une assistante maternelle ou une garde d’enfant sous le CMG. Grâce au dispositif Pajemploi+, les particuliers n’ont plus à avancer la partie de la somme que la CAF leur remboursait par la suite.

Le salaire est versé directement sur le compte bancaire de l’employé et l’Urssaf prélève le salaire et les cotisations salariales dues directement du compte bancaire des parents. Pour bénéficier de cette démarche simplifiée, il faut que les deux parties soient, au préalable, inscrits à Pajemploi+.

Le complément de libre choix d’activité (CLCA) – Prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE)

Cette aide est accordée si l’un des parents prend la décision d’arrêter de travailler ou de réduire significativement son temps de travail afin d’élever un ou plusieurs enfants, qu’ils soient nés, adoptés ou recueillis pour l’adoption. L’aide était connue comme le complément de libre choix d’activité (CLCA) mais depuis le 1er janvier 2015, elle a été renommée en prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE).

Les conditions d’attribution

Les conditions et le montant perçu pour l’aide diffèrent selon la situation du parent et la date de naissance de l’enfant. Pour y avoir droit, il faut avoir complètement arrêté de travailler ou avoir réduit l’activité professionnelle dans le but de s’occuper de son ou de ses enfants de moins de trois ans (vingt ans dans les cas d’adoption).

Il faut avoir validé 8 trimestres de cotisation vieillesse sur la période précédant la naissance, comme suit :

  • Pour le premier enfant : dans les 2 années précédant la naissance
  • Pour le deuxième enfant : dans les 4 années précédant la naissance
  • Pour le troisième enfant : dans les 5 années précédant la naissance

À noter qu’il n’est pas possible de cumuler la PreParE avec les allocations chômage.

La demande d’aide se fait sur demande à la CAF en remplissant le formulaire Cerfa n°12324*05. Le demandeur doit soumettre une attestation d’activité à temps partiel, remplie par l’employeur ou l’organisme de formation.

Montants et durée de versement

La PreParE est versée sans condition de ressources. Son montant varie selon le niveau de réduction d’activité. En 2026, il s’élève à 459,69 € par mois en cas d’arrêt total d’activité, à des montants réduits en cas de temps partiel (entre 167 € et 295 € selon la quotité travaillée), et à 751,39 € par mois pour la PreParE majorée, réservée aux familles d’au moins trois enfants qui font le choix d’un congé plus court. Ces montants sont revalorisés chaque 1er avril.

La durée de versement dépend du nombre d’enfants et de la configuration familiale. Pour un premier enfant, chaque parent peut percevoir la PreParE pendant 6 mois maximum (soit 12 mois au total pour un couple), dans la limite du premier anniversaire de l’enfant. À partir du deuxième enfant, la durée est étendue jusqu’aux 3 ans de l’enfant, chaque parent pouvant en bénéficier pendant 24 mois au maximum sur cette période. Pour atteindre 36 mois de versement total, les deux parents doivent donc se partager le dispositif.

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